La "città universitaria" de Rome et son musée...

La "città universitaria" de Rome et son musée

Pour parler de Rome, on dit “la città di Roma”mais il y a d’autres réalités appelées “città” : La “città” du Vatican, le “Cinecittà” pour le cinéma et je veux vous parler d’une “città” qui m’est particulièrement chère, la “città universitaria”. Elle n’est pas toujours incluse dans les circuits touristiques et pourtant elle représente un témoignage important de l’histoire contemporaine de Rome.

Inaugurée en 1935 pendant les vingt années de Mussolini, le projet a été conçu par l’architecte du régime Marcello Piacentini qui a également conçu le bâtiment central du Rectorat et les deux facultés de part et d’autre de celui-ci : Lettres et Droit.
Toutes les autres facultés réparties le long du mur d’enceinte, ont été créées par différents architectes, dont plusieurs d’entre eux appartenaient au courant rationaliste, donc avec une vision non monumentale de l’architecture.

L’architecte et designer Gio’ Ponti a conçu la faculté de mathématiques, Giuseppe Pagano celle de physique, puis Michelucci, Aschieri et bien d’autres et la fresque de l’Aula Magna a été réalisée par Mario Sironi.

La “Città” Universitaire, siège de l’Université « La Sapienza », représente une synthèse parfaite de la culture architecturale italienne entre les deux guerres mondiales. Et au cœur de cette “Città”, au rez-de-chaussée de la Faculté de Lettres, se cache une autre merveille ouverte à tous ! Le Musée d’Art Classique, qui fait partie du complexe muséal Sapienza.
La Gypsothèque est la galerie où 1200 moulages en plâtre répartis dans 56 salles sont les témoins de toutes les sculptures produites en Grèce depuis la période archaïque jusqu’à l’hellénisme (le critère d’exposition est didactiquement chronologique) et elles vous font voyager à travers toute l’histoire de l’art grec qui est à l’origine du goût du "beau" parvenu jusqu’à nous.

Elle a été fondée en 1889 par le professeur d’histoire de l’art ancien, Emanuel Lowy , qui, sur le modèle des gypsotèques didactiques allemandes , souhaitait équiper la faculté de cette collection de plâtres qui s’est enrichie au fil du temps jusqu’à la dernière acquisition “le jeune homme de Mozia”.

Cette statue a été découverte en 1979 et en 2004, grâce aux techniques de reproduction par balayage laser ce plâtre a pris sa place dans le musée.
C’est un lieu magique où les étudiants chanceux de la faculté peuvent étudier sur les grandes tables réparties dans les différentes salles et lever le regard vers la Porte des Lions de Mycène, le Doryphore, le Discobole, l’Hermès avec Dionysos de Praxitèle, la frise du Parthénon et bien d’autres ! Il est ouvert aux visites et la suggestion et l’émerveillement qui en découlent sont formidables.
Une visite à programmer prochainement ?!?

Texte de Maria Luigia Argentiero