Les mystères de Rome et ses fantômes
La Ville Éternelle, regorge de mystères et de légendes de fantômes !
Même si Rome n’est pas une ville ésotérique comme Turin par exemple, elle possède dans son patrimoine une image de ville “magique” où chaque prodige est possible, où la légende côtoie la vérité historique.
L’histoire de Rome est une histoire de fantômes. Qu’il s’agisse de légendes, de fantaisies ou de réalités, l’âme de ces personnages tourmentés vague là où ils vécurent.
Allons découvrir ces fantômes historiques. En voici quelques exemples féminins !
-* Le fantôme Messaline, femme dissolue de l’empereur Claudio (25-48 ap.JC)
- Que savons-nous d’elle ?
D’une grande beauté avec une destinée tragique d’impératrice infâme qui vivait de luxe, de perversion et de trahison. Messaline représente l’une des figures les plus scandaleuses de l’Antiquité Romaine comme femme dissolue avec de nombreux amants et sans scrupule.
L’empereur Caligula décide de la marier à 13-14 ans à un homme handicapé, ayant 35 ans de plus qu’elle, le futur empereur Claudio. Son destin ne dura que 7 ans (de 41 ap.JC à 48) car elle voulut manigancer un mariage avec son bien-aimé Gaio Silio (qui fut tué sur ordre du mari Claudio) tandis qu’elle fut poignardée sur ordre du “liberto” Narciso (responsable de la bureaucratie impériale). Elle n’avait que 23 ans.
Qu’est-ce quune Messaline ? Une femme particulièrement dévergondée, caractérisée par un appétit de luxe, une soif de plaisir et un esprit de lucre immodérés et ne reculant pas devant le meurtre pour parvenir à ses fins.
Paraît-il, le spectre de Messaline hante la ville de Rome près du Colisée et du Colle Oppio : à savoir une femme en peplum blanc, les bras couverts de bijoux, un diadème dans les cheveux, vague autour du temple de l’empereur Claudio à la recherche d’un nouvel amant !
Plusieurs films furent tournés sur Messaline et son terrible destin : en 1951 Messaline de Carmine Gallone, puis en 1960 Messalina Venere Imperatrice de Vittorio Cottafavi et enfin en 1977 Messalina Messalina !, film de genre érotique de Bruno Corbucci.
-* Un autre fantôme féminin Bérénice, la princesse juive aimée de Tito
Née en 28 ap.J.C, princesse de Judée, elle a inspiré de nombreux peintres, auteurs dramatiques, romanciers ou compositeurs d’opéra. Même Racine nous a fait étudier sa tragédie en vers ! Des souvenirs ?
- Qui fut-elle ?
Fille d’Hérode Agrippa I, roi de Judée et de Chypre.. A 13 ans, on la maria à un riche juif d’Alexandrie qui mourut puis à son oncle Hérode de Chalcis au Liban, roi du territoire de Calcite (nord du Liban) dont elle eut deux fils. qui moururent. A la mort de ce mari. elle alla vivre avec son frère, Hérode Agrippa II, nouveau roi de Judée. Quand son peuple se rebella en 66 ap.J.C contre la domination de Rome, elle dut s’enfuir avec son frère à Jérusalem.
- L’histoire commence : une véritable télénovelas !
En 67 ap.J.C, le général Vespasiano et son fils Tito sont envoyés par l’empereur Nerone en Judée où ils doivent intervenir contre les rebelles. C’est là que Bérénice et Titus se rencontrent et Tito tombe amoureux d’elle, la princesse de Judée. Il avait 27 ans et elle presque 40 mais il était important pour Tito, du point de vue politique, de s’allier à une famille royale d’Orient.
Rome est en pleine crise politique et Titus décide de rentrer. Bérénice s’installe avec lui dans la résidence impériale. Les romains n’apprécient guère qu’une reine étrangère puisse se marier avec un brillant futur empereur (le souvenir de Cléopâtre et César était encore trop présent).
C’est l’histoire d’un conflit entre l’amour passionné et la raison d’état.
Gravure à la Bibliothèque des arts décoratifs, Paris
En faisant une promenade au Ghetto, parmi les ruines du Portico d’Ottavia à Rome, il serait possible de rencontrer son fantôme…Sait-on jamais !
-* Le fantôme le plus célèbre est peut-être celui de Beatrice Cenci (jeune femme de la noblesse romaine)
Le 11 septembre 1599, tout Rome (même des artistes comme Caravaggio, Artemisia Gentileschi) était place du Castel Sant’Angelo pour assister à sa terrible exécution. Elle était accusée de parricide pour avoir tué un père despote et violent avec les autres membres de sa famille. Elle fut décapitée ainsi que sa belle-mère et son frère écartelé. Elle fut enterrée à San Pietro in Montorio et par malheur, en 1798 pendant l’occupation française les soldats détruisirent les tombes dont celle de Béatrice et prirent le plateau en argent où reposait sa tête.
La légende affirme que la nuit du 11 septembre, la jeune fille se manifeste là où elle fut décapitée en tenant sa tête dans la main.
Une véritable histoire tragique qui inspira le peintre Guido Reni et les écrivains Shelley ou Stendhal.
-* Le fantôme de la “Pimpaccia” : Donna Olimpia Maidalchini, la femme la plus redoutée de Rome
Il suffit d’aller à la Galleria Doria Pamphilj et d’admirer le célèbre buste en marbre que le célèbre sculpteur Alessandro Algardi réalisa en 1646 à la mémoire de la femme la plus puissante de Rome. On lui attribua de nombreux petits noms : le plus connu “la Pimpaccia” ou la Papessa ou Cardinal padrone.
Pourquoi la Pimpaccia ? La Pimpa était une œuvre théâtrale qui mettait en scène une femme avide et sans scrupule.
De famille relativement modeste, Olimpia Maidalchini, nota come Donna Olimpia parvient à s’enrichir avec un premier mari qui meurt en lui laissant un bon héritage, ce qui lui permet d’épouser Pamphilio Pamphilj, de la célèbre famille noble romaine et de poursuivre son ascension tout en favorisant celle de son beau-frère, né Giovanni Battista Pamphili, qui devint le Pape Innocenzo X en 1644 et fut son protecteur durant sa papauté.
Il la consultait sur toutes les affaires. Elle devint ainsi la figure la plus importante de Rome, tout se décidait dans le salon de Palazzo Pamphili, piazza Navona.
Une petite anecdote : Le Pape voulait, paraît-il confier à Borromini la réalisation de la fontaine des Fleuves mais elle sut le convaincre de choisir Bernini, après avoir reçu de ce dernier le modèle en argent massif ! Elle s’occupait de la gestion de l’argent avec grande avidité et fut souvent au sein de scandales. Elle abandonna même le Pape au moment de sa mort.
Son nom est lié à la légende qui la voit courir à bord de son carrosse plein de monnaies et d’or la nuit de la mort du Pape Innocenzo. Selon une autre tradition populaire, elle aurait disparu dans le Tibre…
Des légendes ? Des vérités ? Impossible de le savoir mais des histoires parfois impressionnantes. Il est certain que ces jeunes et belles femmes romaines avaient de nombreux maris et de nombreux amants et les empereurs avaient une liste longue de concubines d’où leur destin était souvent tragique…
Texte de Marion Simprez
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