Le Jardin de la Villa Celimontana
Rome compte de nombreux parcs pour la détente, la balade à vélo ou le pique-nique. Nous avons déjà vu la Villa Borghese, au cœur de la ville. Il en existe d’autres tout aussi intéressants : Villa Ada, Villa Torlonia, Villa Doria Pamphili, et Villa Celimontana, avec leurs lacs, leurs pelouses et leurs petits musées.
Ici, le dolce farniente rencontre la nature et l’histoire.
Direction le colle Celio, à deux pas du Colisée, pour une balade dans les 11 hectares de la Villa Celimontana.
D’abord appelée Villa Maffei, on la connaît aujourd’hui sous le nom de Villa Celimontana, ou Villa Mattei al Celio. Le noble Ciriaco Mattei acheta une vigne sur le colle Celio en 1572 et la transforma en résidence de représentation, confiée à Giacomo del Duca, élève de Michel-Ange.
Le jardin Renaissance
La Villa devient célèbre pour ses jardins : statues anciennes, fontaines-monuments, vestiges de fouilles romaines, allées géométriques et jardins secrets aménagés en terrasses, avec jeux d’eau, niches et sculptures.
Parmi les pièces les plus marquantes, l’obélisque égyptien de Ramsès II, offert aux Mattei en 1582 par le Sénat et toujours visible aujourd’hui. Une légende locale raconte que son transport aurait coûté un bras à un ouvrier, littéralement ! Les cordes auraient cédé pendant le déplacement du socle. Vraie ou pas, l’histoire circule encore chez les guides romains.
Le "clivio di Celimontana", la pente historique qui relie le versant sud-ouest du colle Celio au parc, a récemment été restauré, le sentier qui va du cœur du quartier Celio aux jardins de la villa. À l’origine, c’était un système de terrasses, fontaines et jeux d’eau qui descendait doucement vers la vallée des Thermes de Caracalla. Fermé depuis des décennies, la Ville de Rome l’a restauré et rouvert au public en octobre 2025. Les travaux ont reconstruit les allées et les escaliers, restauré les murs, remis en état le réseau végétal et surtout fait refleurir le Jardin des Agrumes ("Giardino degli Agrumi"), disparu depuis l’époque des Mattei. Les fontaines historiques ont aussi été remises en fonction. Un second chantier de restauration concerne le tempietto néogothique, des fontaines artistiques, du cercle de cyprès près de l’obélisque Mattei, et des rangées de chênes verts le long du viale delle Muse.
Du XVIIe au XIXe siècle
Après la mort de Ciriaco Mattei, la Villa passa à ses héritiers, qui l’agrandirent. Chaque propriétaire y laisse sa marque : en 1869, par exemple, le baron Richard von Hoffmann remanie les jardins selon ses propres goûts, leur donnant des accents plus anglais.
De propriété privée à parc public
L’État italien récupère la Villa en 1915. Elle passe à la Commune de Rome en 1925, et le parc ouvre officiellement au public en 1928.
Aujourd’hui c’est la Società Geografica Italiana (Société Géographique Italienne) qui occupe le Palazzetto Mattei. C’est une institution, fondée en 1867, l’une des plus vieilles sociétés géographiques au monde. Elle s’y est installée en 1941 et y garde son siège, ses archives et sa bibliothèque (cartes historiques, fonds photographiques d’explorations, documents liés aux expéditions italiennes).
Où sont les entrées (accès et horaires) ?
Le parc est ouvert tous les jours, gratuitement, de l’aube au coucher du soleil :
- du 1er mai au 31 octobre, de 7h à 18h
- du 1er novembre au 30 avril, de 7h à 17h
(Seuls les spectacles d’été, comme le festival de jazz, sont payants — le parc lui-même reste libre d’accès.)
- Piazza della Navicella : entrée principale, juste à côté de la basilique Santa Maria in Domnica
- Clivo di Scauro : entrée secondaire, proche de la basilique Santi Giovanni e Paolo
- Piazza SS. Giovanni e Paolo : autre point d’accès côté sud
Pour y aller : bus 81, 673, 118, 160 et 714 desservent le quartier ; en métro, les stations Colosseo, Circo Massimo et San Giovanni (lignes B et C) sont à quelques minutes à pied.
Site officiel : www.comune.roma.it, Villa Celimontana
Villa Celimontana n’a pas la superficie de sa grande sœur la Villa Borghese, mais elle compense par son atmosphère plus intime, presque secrète, à deux pas des ruines antiques.
Quels sont les atouts de la Villa Celimontana ?
Patrimoine historique et architectural
- Le Palazzetto Mattei, œuvre de Giacomo del Duca, aujourd’hui siège de la Società Geografica Italiana
- L’obélisque de Ramsès II, provenant à l’origine du temple du Soleil à Héliopolis
- Le ninfeo Renaissance et ses fontaines
- De nombreuses sculptures antiques disséminées dans les allées
Nature et détente
- De larges pelouses et allées bordées d’arbres, prisées des joggeurs romains
- Un cadre calme, loin de la foule qui se presse au Colisée à quelques centaines de mètres
Culture et événements
- Les concerts d’été, en particulier le festival de jazz de la Villa Celimontana, une institution romaine estivale — mieux vaut vérifier la programmation avant de s’y rendre, elle change chaque année.
Une découverte récente sous le parc
En juillet 2026, des travaux de consolidation du mur qui soutient le plateau de la villa ont mis au jour une trouvaille inattendue. Le chantier, financé dans le cadre du projet Pnrr « Caput Mundi » et prévu au départ pour sécuriser la structure, a fait apparaître des constructions en briques appartenant à un édifice du IIe siècle après J.-C., remanié par la suite.
Les archéologues ont identifié huit pièces au total : cinq entièrement dégagées, trois encore partiellement enfouies. Pas de hasard ! C’est là que se trouvaient, à l’époque romaine, la caserne de la Ve cohorte des Vigiles et la Basilique Hilariana, sanctuaire dédié au culte de Cybèle et Attis.
Une nouvelle pièce s’ajoute donc au passé antique déjà dense de la colline du Celio, mais la destination exacte du lieu reste encore incertaine.
Parmi les découvertes, un grand mosaique svec un emblème marin représentant un dauphin, un poisson, un homard et un crabe autour d’un cratère ; un sol en mosaïque datant de l’époque antonine, des fresques au plafond et de nombreux revêtements en opus sectile,
Un jardin plus discret que la Villa Borghese, mais peut-être encore plus chargé d’histoire… si possible ! À voir pour une pause après le Colisée et le Forum ou pour le plaisir de flâner !
Texte de Marion Simprez
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