Les Rioni : Le Rione Colonna
Quand vous vous promenez à travers les rues du centre historique, à l’angle des immeubles, vous pouvez observer une plaque en marbre de forme particulière,la fameuse plaque, gravée d’un numéro, d’un nom et d’armoiries voulue en 1743 par le Pape Benoît XIV.
Ces plaques indiquent en chiffre romain le numéro du rione, son nom et parfois l’emblème de son blason (l’amphore pour Trastevere, par exemple).
Les rioni représentent les zones les plus anciennes de Rome, en général à l’intérieur de l’enceinte murale d’Aurélien (à l’exception de Prati) tandis que les quartieri, au nombre de 35, sont d’une création plus récente, hors des murs.
En 7 av. J-C, l’empereur Auguste divise la ville en 14 regioni pour en améliorer l’administration. Au fil des siècles, la réorganisation de la ville se poursuit et l’on compte aujourd’hui 22 rioni. En 1871, lorsque Rome devient capitale d’Italie, leur nombre augmente encore au rythme de l’extension de la ville, en deça et au-delà des murs.
Article plus détaillé sur l’histoire des 22 Rioni en cliquant ici !
Voilà les 6 premiers que vous pouvez retrouver sur le site de ROME Accueil :
Le Ghetto
Testaccio
Sant’Eustachio
Trastevere
Trevi
Chaque rione a son propre blason, son identité et sa propre histoire. Aujourd’hui, cap sur le Rione Colonna.
Rione Colonna : le cœur battant de Rome
Les rioni actuels furent officiellement organisés en 1586, sous le pontificat du Pape Sisto V. Le rione Colonna porte le numéro III. Petit par sa superficie, il est pourtant riche de lieux historiques et symboliques et s’articule autour de rioni voisins tout aussi remarquables :
Rione Trevi RII, avec la célèbre fontaine de Trevi
Rione Campo Marzio R.IV, quartier élégant et commerciale
Rione Pigna R.IX, riche d’églises, à deux pas du Panthéon .
Rione Sant’Eustachio R.VIII, connaissez-vous le café ?
Le Rione Colonna est un carrefour, entouré de rioni plus vastes et plus fréquentés, il occupe néanmoins une position essentielle, à la croisée de la politique, du tourisme et de la vie quotidienne romaine.
Quels monuments peut-on voir dans le rione Colonna ?
1. Piazza Colonna et sa célèbre colonne : le cœur politique et symbolique du rione.
Comme tous les rioni de Rome, le rione Colonna tire son nom d’un monument… la célèbre colonne qui figure sur son blason, or sur fond rouge.
La place est dominée par la colonne de Marc Aurèle (Colonna Aureliana) haute de près de 30 mètres, entièrement sculptée de scènes de guerre en spirale, à l’image de la colonne Trajane.
Elle fut érigée entre 180 et 193 ap. J-C pour célébrer les victoires de l’empereur Marc Aurèle contre les peuples germaniques. Au sommet trône, depuis le XVIe siècle, la statue de Saint Paul, qui a remplacé depuis le XVI° siècle celle de l’empereur.
Sur la même place s’élève le Palazzo Chigi, le siège du gouvernement italien depuis 1961. C’est le cœur du pouvoir exécutif, là où se prennent les grandes décisions politiques. Un peu comme l’Hôtel Matignon à Paris ou le 10 Downing Street à Londres. Une belle fontaine réalisée par Giacomo della Porta en 1577 complète l’ensemble, ainsi que le Palais Wedekind, édifice néoclassique aux 16 colonnes de marbre blanc, qui abrite aujourd’hui des bureaux.
2. Piazza di Montecitorio
C’est ici que bat le pouls de la démocratie italienne. Le Palais Montecitorio, conçu par Gian Lorenzo Bernini et achevé par Carlo Fontana, accueille la Chambre des Députés depuis 1871. Sur la place, un obélisque égyptien qui servait autrefois de cadran solaire à l’époque d’Auguste veille sur les allées et venues des parlementaires.
3. Piazza San Lorenzo in Lucina
Un point de rencontre élégant, bordé de boutiques et de cafés, dominé par la belle basilique San Lorenzo in Lucina. Une halte agréable entre deux monuments, idéale pour s’attarder et observer la vie romaine entourée de magasins de luxe.
4. Piazza della Rotonda et le Panthéon
Difficile de ne pas s’arrêter (longtemps) sur cette place. Depuis le VIIe siècle qu’elle existe, elle n’a rien perdu de son pouvoir de fascination. Le Panthéon, construit par Agrippa en 27 avant J-C puis reconstruit par l’empereur Hadrien au IIe siècle, reste l’un des édifices antiques les mieux conservés au monde. Son dôme en béton romain, son oculus de neuf mètres de diamètre par lequel la lumière vient caresser le sol de marbre… un spectacle que l’on ne se lasse jamais de contempler.
À l’intérieur reposent Raphaël et plusieurs rois d’Italie. Sur la place, la superbe fontaine surmontée d’un obélisque égyptien confère à l’ensemble une allure incomparable.
Les églises du rione Colonna
Le rione Colonna possède plusieurs églises, souvent méconnues mais riches d’histoire et d’art.
- Sant’Ignazio di Loyola in Campo Marzio est sans doute la plus spectaculaire : ses fresques en trompe-l’œil d’Andrea Pozzo, et notamment cette coupole qui n’existe pas réellement, laissent le visiteur bouche bée.
Santa Maria Maddalena est un rare exemple de style rococo à Rome — une douceur ornementale presque inattendue dans cette ville de travertin et de baroque.
- San Claudio e Sant’Andrea dei Borgognoni, liée à la communauté de Bourgogne
- Santi Bartolomeo e Alessandro dei Bergamaschi, attachée aux bergamasques
- Santa Maria in via Lata, avec sa belle façade baroque de Pietro da Cortona
- La très élégante chiesa di San Marcello al Corso, reconstruite après un incendie au XVIe siècle.
Le shopping : le Corso, artère vivante
Ce long boulevard qui traverse Rome du nord au sud depuis l’Antiquité a connu bien des vies. Pendant le Carnaval romain, il était le théâtre de courses de chevaux sauvages... Une époque révolue, mais dont les palais qui le bordent gardent encore toute la mémoire dans leurs pierres.
Aujourd’hui, c’est l’une des zones les plus animées pour le shopping : entre via del Corso, via Frattina et via del Tritone, on trouve un mélange de boutiques élégantes, de grandes marques et d’enseignes plus accessibles.
Et pour une pause, la Galleria Alberto Sordi — entre le Corso et la fontaine de Trevi — offre son beau décor liberty pour flâner à l’abri.
En conclusion, le rione Colonna, c’est Rome dans toute sa densité : antique et baroque, politique et populaire, monumentale et secrète. On y revient toujours, comme si ses ruelles gardaient encore quelque chose à nous révéler.
Texte de Marion Simprez
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